Voiture importée du Japon : est-ce vraiment une bonne idée ?

Importer une voiture du Japon permet d’accéder à des modèles JDM rares et à un marché automobile particulièrement riche. Mais entre transport, douane, homologation et conduite à droite, l’opération doit être soigneusement préparée avant l’achat.

Acheter une voiture importée du Japon : bonne ou mauvaise idée ?

Nissan Skyline GT-R, Toyota Supra, Honda NSX, Mazda RX-7, Subaru Impreza STI… Pour de nombreux passionnés, le marché automobile japonais fait rêver. Le Japon possède un parc extrêmement riche, avec des modèles devenus difficiles à trouver en Europe et certaines configurations qui n’y ont tout simplement jamais été commercialisées.

Importer directement une voiture du Japon peut donc être une excellente manière de trouver un véhicule rare. Mais contrairement à l’achat d’une voiture en Allemagne, en Belgique ou en Italie, le Japon se situe hors de l’Union européenne. Transport maritime, douane, conformité et homologation viennent donc s’ajouter au processus classique d’achat.

Alors, est-ce vraiment une bonne idée d’acheter une voiture importée du Japon ? Tout dépend du véhicule recherché et, surtout, de la préparation du projet.

Pourquoi acheter une voiture au Japon ?

Le premier intérêt est évidemment le choix. Le marché japonais donne accès à de nombreux véhicules JDM (Japanese Domestic Market) initialement conçus pour le marché intérieur japonais.

Certaines sportives particulièrement recherchées en Europe y sont naturellement beaucoup plus présentes. C’est notamment le cas de différentes générations de Nissan Skyline, Toyota Supra, Honda Integra Type R, Mitsubishi Lancer Evolution, Subaru Impreza STI ou Mazda RX-7.

Le Japon peut également permettre de trouver des configurations, motorisations et séries spéciales pratiquement inexistantes en France.

Mais l’intérêt ne concerne pas uniquement les sportives. Certaines berlines haut de gamme, petits véhicules japonais ou modèles atypiques peuvent également justifier une recherche sur ce marché.

Des véhicules parfois particulièrement bien conservés

Transport maritime d'une Toyota Supra, du Japon jusqu'en France

Le marché japonais bénéficie d’un système de contrôle technique exigeant, le Shaken, et de nombreuses voitures passent par des réseaux professionnels et des ventes aux enchères structurées avant leur exportation.

Les véhicules proposés aux enchères peuvent notamment disposer d’une fiche détaillant leur état, leurs défauts et différents éléments permettant de mieux apprécier leur qualité.

Cela ne signifie évidemment pas qu’une voiture japonaise est automatiquement irréprochable. Une fiche d’enchères doit être correctement interprétée et l’historique disponible vérifié avant l’achat.

Il faut également surveiller la corrosion, particulièrement sur les véhicules ayant circulé dans certaines régions enneigées où les routes peuvent être salées.

Quels sont les inconvénients d’une voiture importée du Japon ?

Le premier est évident : la conduite à droite.

La majorité des véhicules destinés au marché japonais possèdent le volant à droite. Ce n’est pas interdit en France, mais cela peut rendre certains dépassements, parkings, péages ou usages quotidiens moins pratiques.

Le second problème concerne les pièces. Pour un modèle également commercialisé en Europe, l’entretien reste généralement relativement simple. Sur une véritable version JDM, certaines pièces spécifiques peuvent être plus difficiles ou plus longues à obtenir.

Enfin, il faut tenir compte de la revente. Une Skyline ou une Supra japonaise recherchée pourra conserver une excellente valeur, tandis qu’un modèle plus courant avec conduite à droite pourra être beaucoup plus difficile à revendre en France.

Comment importer une voiture du Japon ?

L’achat commence généralement par la recherche auprès d’un professionnel japonais, d’un exportateur ou par l’intermédiaire des nombreuses ventes aux enchères automobiles du pays.

Une fois le véhicule sélectionné, son état et ses documents doivent être contrôlés avant le paiement.

Après l’achat, la voiture est acheminée jusqu’à un port japonais puis expédiée vers l’Europe, généralement par transport maritime Ro-Ro ou en conteneur.

Le transport en conteneur sera particulièrement pertinent pour un véhicule rare ou de grande valeur, tandis que le Ro-Ro peut offrir une solution plus économique pour certains véhicules roulants.

Douane, homologation et carte grise : les démarches à prévoir

L’import depuis le Japon est plus complexe qu’un import depuis un pays de l’Union européenne.

À son arrivée, le véhicule doit être déclaré à la douane. Des droits et la TVA peuvent être dus. La Douane française précise toutefois que les droits peuvent être réduits ou nuls lorsqu’un accord avec l’Union européenne s’applique et que les conditions permettant de bénéficier de l’origine préférentielle sont remplies. L’accord commercial UE-Japon peut donc avoir une incidence importante sur le coût d’un import japonais : il ne faut pas appliquer automatiquement un taux de 10 % à tous les véhicules venant du Japon.

La TVA française à l’importation reste, dans le cas général, de 20 %, et sa base tient notamment compte de la valeur du véhicule ainsi que de certains frais annexes. Après régularisation, la douane délivre le certificat 846 A, nécessaire pour poursuivre l’immatriculation en France.

Le véritable point sensible : l’homologation

C’est souvent ici que le projet devient plus technique.

Une voiture conçue exclusivement pour le marché japonais ne possède pas nécessairement une réception européenne permettant une immatriculation immédiate en France. Or, un véhicule importé doit respecter les règles françaises de construction et de sécurité avant de pouvoir être mis en circulation.

Des modifications et une réception à titre isolé peuvent alors être nécessaires selon le véhicule.

L’éclairage, certains vitrages, les équipements de sécurité, le niveau sonore ou encore les émissions peuvent notamment nécessiter des vérifications ou adaptations.

C’est précisément pour cette raison que la faisabilité de l’homologation doit être étudiée avant d’acheter la voiture, et non une fois qu’elle se trouve déjà en France.

Combien coûte réellement un import depuis le Japon ?

Le prix affiché au Japon ne doit jamais être comparé directement au prix d’une voiture française.

Il faut raisonner en coût total rendu et immatriculé en France.

Au prix d’achat peuvent venir s’ajouter le transport au Japon, les frais d’export, le fret maritime, l’assurance, les frais portuaires, la TVA, les éventuels droits de douane, les adaptations techniques, l’homologation et enfin l’immatriculation.

Une voiture affichée 25 000 € au Japon ne coûtera donc évidemment pas 25 000 € une fois immatriculée en France.

Et c’est justement là que certaines mauvaises affaires apparaissent : un véhicule peut sembler très attractif à l’achat mais perdre tout son intérêt économique après transport, fiscalité et homologation.

Faut-il passer par un professionnel pour importer du Japon ?

Pour un véhicule relativement courant en Europe, l’import direct du Japon n’est pas nécessairement la solution que nous privilégierions.

En revanche, pour une véritable JDM, une série spéciale ou un véhicule particulièrement rare, le marché japonais peut devenir extrêmement intéressant.

La difficulté consiste alors à acheter le bon exemplaire avant même de penser à son transport.

Chez Courtage Auto, l’objectif est justement d’étudier le projet dans son ensemble : cohérence du véhicule, historique disponible, documents, coût d’importation et possibilité d’obtenir une immatriculation française.

Selon le modèle recherché, nous pouvons également comparer l’opportunité japonaise avec les véhicules déjà présents en Allemagne, en Belgique, en Suède, en Italie, en Suisse ou ailleurs en Europe.

Car importer une voiture du Japon n’est intéressant que lorsque le véhicule justifie réellement les contraintes supplémentaires.





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